Le système A.D.M. E
Encore une fois, l’analogie entre les différentes notions et principes des sciences me frappe. Cette foie, c’est moi qui me suis rendue compte d’une analogie importante. En tant que pharmacienne et de ce fait pharmacologue, je me suis intéressée à mettre le système A.D.M.E acronyme pour absorption, distribution, métabolisme et élimination, en application pour notre monde réel ou encore en sociopolitique.
Permettez-moi de vous expliquer comment cela se déroule. Un médicament est introduit à l’organisme, en vue de lui améliorer l’état si non guérir totalement, par différentes voies possibles, la plus probable et la plus fréquente est la voie orale ou comme nous l’appelons per os.Je vais alors prendre cette voie comme exemple pour mon article.
Le médicament administré per os va être acheminé vers le tractus gastro-intestinal. Durant ce passage, le médicament sera dégradé peu à peu sous l’effet des enzymes. A fur et à mesure que le médicament est rendu de petite taille, il sera distribué dans notre organisme dans les organes cibles. Certains peuvent séjourner plus longtemps dans le tractus intestinal vue qu’ils puissent subir un cycle entéro-hépatique (il entre dans le foie, passe dans la bile, se déverse dans l’intestin et rentre à nouveau dans le foie). Le médicament subit un métabolisme, généralement au niveau hépatique. Ce métabolisme permet dans la majorité des cas d’inactiver le médicament afin qu’il cesse de produire un effet. Mais, il peut aussi en résulter des métabolites réactifs qui peuvent être actifs (pouvant eux même produire l’effet curatif recherché) ou toxiques (donc néfastes pour le corps, tel est l’exemple des radicaux libres jugés cancérigènes). Ces mêmes métabolites peuvent être déversés dans le sang et donc circulés vers des organes. A noter que le volume de distribution (notion fondamentale dans la pharmacologie) signifie le volume virtuel où se distribue le médicament au sein de l’organisme. De là, nous pouvons déterminer si le médicament est parvenu à tous les organes, seulement l’organe cible ou encore éliminé sans distribution. A noter également que l’organisme possède un système immunitaire permettant de rejeter les substances qui lui étrangères et toxiques. Ce système a une réactivité différente selon les personnes et selon la soumission aux agressions. En fin du chemin, le médicament sera éliminé, la voie plus probable étant la voie rénale. Il est important pour la deuxième partie de mon article de vous mettre part d’une information importante, un médicament peut s’avérer aussi bien efficace que toxique ou encore inutile. Il peut générer des effets indésirables multiples, parfois même néfastes imposant l’arrêt. Son interaction avec d’autres médicaments peut s’avérer synergique ou dans des cas non négligeables sinistre.
Après ce bref exposé de la façon dont un médicament s’achemine dans l’organisme, permettez-moi de vous expliquer où est l’analogie que je viens de percevoir suite aux événements qui se sont imposés à notre Tunisie ces derniers jours et qui ont permis à tout citoyen qui se respecte de se sentir davantage fier de faire parti d’un peuple aussi grandiose.
Un peuple qui souffre a besoin d’un nouveau chef, un chef qui pourrait guérir ses blessures et remédier à ses problèmes. C’est alors le médicament. Il sera introduit dans le peuple qui est l’organisme avec tant de prudence mais une confiance psychologique d’avoir de bons résultats. A noter que le médicament n’est pas toujours pris volontairement, on peut imposer au malade certaines thérapies dont il refuse. Ce nouveau chef s’achemine dans le tractus gastro-intestinal en se divisant, donc il formera un gouvernement, des ministres, des gouverneurs, des chefs de municipalités et des milices … il sera distribué dans tout le corps, donc ses alliés seront partagés dans tout le territoire, avec une prédominance dans les organes cibles, les grandes villes. Le volume de distribution sera important, marquant que ces partis sont partout, mais restera désormais virtuel. Ceci sera effectué soit avant ou après le métabolisme et suivant ou non un cycle entéro-hépatique. En analogie, le métabolisme peut donner des métabolites inactifs, des agents sans utilité qui se trouveront dans l’organisme mais sans fin précise et éventuellement seront éliminés, avec plaisir ! Il y a les métabolites actifs, des agents nouvellement crées effectueront leurs activités censées guérir. En dernier et malheureusement, il y a les métabolites toxiques, des agents ou de l’entourage qui profiteront de la présence du médicament dans l’organisme pour réaliser des actes criminels, barbares et indignes, et de ce fait, sont toxiques pour ce grand corps malade et leur élimination sera aussi plaisante que les autres. Le cycle entéro-hépatique convient au chef lui-même, il donnera des promesses les unes suivant les autres sans aucune action notable mais tout en prolongeant son séjour. Il importe à s’assurer de la force du système immunitaire qui reflète dans notre cas les jeunes, c’est eux qui vont s’opposer à toute substance néfaste, l’attaquer et l’éliminer si possible. Nos jeunes ont réellement su montrer qu’il s’agissait d’un système efficace et mis en alerte. Après le métabolisme et la distribution, l’étape de l’élimination est pour certains médicaments la plus longue, en effet, tout dépend de la demi-vie (temps pour lequel la moitié de la quantité initiale du médicament a été éliminée) et de l’état des reins (le système de sécurité nationale). Certains médicaments seront plus difficilement éliminés que d’autres avec tendance cumulative dans certains organes préférentiels (Hammamet, Sousse ou encore Tunis). Mais aussi long que le temps puisse paraitre, un jour ce médicament sera définitivement éliminé de l’organisme et ne seront par la suite notés que ses effets, thérapeutiques et indésirables.
Aucun médicament n’est inerte vis-à-vis de l’organisme et même s’il n’était pas introduit pour la bonne cause, il engendrera sans doute des conséquences. Dans notre société, les effets indésirables étaient très néfastes au point que le rapport efficacité / risque s’était transformé en négatif. On devait arrêter cette thérapie parce qu’on risquait de s’introduire de nouveaux médicaments (USA, France) rien que pour guérir ces effets indésirables. D’un autre côté, son interaction avec d’autres médicaments et aliments était non négligeables (chefs de Lybie, Egypte) et son activité dégringolait gravement. L’organisme ne pouvait plus de ce médicament, les nausées, la toux, les céphalées, le risque accru de cancers avec ces stupides radicaux libres. Il a décidé d’arrêter de prendre son médicament et il a jugé nécessaire de s’en débarrasser et de changer de thérapie.
À toute maladie, existe une thérapie. C’est bien le peuple tunisien qui nous avait permis d’y croire. Merci aux jeunes, aux moins jeunes et à tous ceux qui ont cru et croient toujours à l’intégrité du peuple tunisien, à son union et à la force qu’elles peuvent engendrer. Un salut à tous les martyrs que le système corrompu a été coupable de prendre leurs vies, ils auraient été si fiers de voir ce lendemain, un lendemain où pour la première fois de l’histoire, un peuple arabe a pu se défendre, a su s’organiser, a su s’unifier, et enfin a réussi à avoir ce qu’il désirait depuis tant d’années. Un sanglot me monte à la gorge quand je me rappelle encore et toujours que je fais parti de ces jeunes, ces jeunes qui ont voulu un changement, qui ont obtenu un changement, et malgré les répercussions maladives et criminelles que l’ancien régime a réussi à nous faire subir, nous avons encore et toujours montré une patience sans précédent, nous nous sommes mis la main l’une dans l’autre, nous nous sommes battu et nous allons encore nous battre, pour défendre notre dignité, notre victoire écrasante et notre patri que ces barbares semblent avoir oublié l’existence de sa notion.
Nous nous sommes préparés avec tous les moyens que nous avons pu avoir, nous vous attendons avec un sang qui brûle et de la chair qui se contracte en répétant à chaque mouvement les paroles de notre hymne nationale, des mots que nous avons répétés durant cette « intifada » avec tant de signification, tant de sagesse, tant de réalité, des mots qui nous ont unis, qui ont fait coulé les larmes chaudes sur nos joues, qui ont fait vibré nos cœurs avec tant d’amour, qui auront à nous unir, Tunisiens, encore et toujours, pour l’amour de cette Terre arrosée par le sang de grands !
Dr EL AMOURI ZEINEB